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Professeure
Adulte
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Titre : A glass of water. Please
Créé :
11/04/2026 à 22:49:17
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Rare était les moments calmes. Rare était ces moments qui semblait suspendu. Le temps, arrêté, comme si plus rien n'existait autour. La journée avait été éreintante. Longue pour rien. Le décalage avec l'Écosse était si lourd. Elle n'était plus habituée à ce rythme, depuis qu'elle avait quitté le Québec pour la vallée humide du domaine de Poudlard. La dernière fois qu'elle avait mis les pieds à Montréal, Catherine était dans la jeune vingtaine. Elle était venue mettre quelques draps sur les meubles de la maison qu'elle avait héritée. Au grand dam de son frère aîné qui ne la croyait pas digne de porter le nom de la famille Spinnet.
Pourtant, le sang de cette famille aristocratique de la ville de Québec coulait bel et bien dans ses veines. Toutefois, pour lui, elle était la cause de la déchéance de cette famille qui ne jurait que par l'affiliation sang-pur. Les moldus ou sang mêlés étaient une hérésie à leurs yeux. Catherine avait tout simplement tenté de combattre cette absurdité. Elle avait tout simplement rompu les rangs. Tenant tête à son père. La suite, seule Catherine et la Dubois la connaissait.
Pourtant, près de dix ans plus tard, la Spinnet était là. Dans un de ces bars du quartier Mile-End. Ce quartier un peu bohème. Elle avait passée la journée dans un de ces bureaux gouvernemental moldu, pour tenter d'avoir tous les papiers et autres informations sur sa personne ou sa famille. Rien n'avait tellement évolué en une journée. Les archives n'étaient pas dans le même bâtiment, disait-il. « Revenez demain », lui avait dit le fonctionnaire qui semblait s'ennuyer à mourir.
C'était ce qu'elle allait faire. Puis, au lieu d'aller dans SA maison de Québec, elle avait décidé de rester dans la métropole. L'ambiance de Montréal était beaucoup plus électrisante que celle de Québec. Par chance, elle avait encore des contacts et elle avait un appartement pour elle juste au coin de la rue de ce bar un peu bruyant. Un groupe semblait fêter quelque chose. Un événement, un truc dans le genre. La professeure ne porta pas trop attention, plongée dans un livre dont elle ne retenait aucunement le sujet. Ce fut à ce moment, qu'elle entendit une voix féminine, jeune, l'interpeller comme le ferait n'importe quel élève à Poudlard. « Miss Spinnet ? »
Catherine leva son regard émeraude de ce livre qui n'avait rien d'intéressant, ne sachant pas qui pouvait la reconnaître dans ce petit bar de quartier. Quand elle la vit, surprise.
CATHERINE : Miss Anderston ?
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RPG entre Anthéa Anderston & Catherine Spinnet
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Bonne lecture ! |
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Détective Magique
Adulte
PNJ |
Titre : Re : A glass of water. Please
Créé :
15/04/2026 à 21:17:18 - Modifié : 15/04/2026 à 21:18:12
Anthéa s’était arrêtée net en croisant le regard émeraude de Catherine. Pendant un instant, elle eut l’impression fugace que les années s’étaient repliées sur elles-mêmes, comme si le bruit du bar s’était dissous pour laisser place au calme feutré d’une salle de classe de Poudlard. Elle revit les hautes fenêtres, la lumière grise filtrant sur les pupitres, et elle, assise au fond, observant davantage qu’elle n’écoutait. Elle n’avait jamais été la plus bavarde. Ni la plus expressive. Mais elle retenait tout. Les silences, les hésitations, les contradictions.
C’était devenu une habitude, puis une manière de penser. Finalement, presque une seconde nature.
Elle resta immobile une seconde de trop, comme si elle vérifiait que la scène était bien réelle. Puis elle reprit contenance, ses épaules se redressant légèrement, la posture plus rigide qu’à l’accoutumée.
- Oui… Miss Spinnet. Désolée de vous déranger.
Sa voix demeura basse, posée, presque absorbée par le brouhaha ambiant. Elle fit un pas vers la table, sans jamais réduire complètement la distance. Son regard glissa brièvement autour d’elle, réflexe désormais ancré. Les sorties. Les silhouettes immobiles. Les mouvements trop brusques. Les visages qui observaient trop longtemps.
- Je ne pensais pas vous croiser ici.
Elle observa le livre ouvert devant elle, davantage par habitude que par curiosité. Les pages semblaient à peine parcourues. Le marque-page était encore proche du début. Catherine ne lisait pas vraiment. Elle attendait. Ou elle cherchait à se donner une contenance.
La Anderston nota aussi la fatigue dans ses traits. Avait-elle mal dormie, ou bien quelque chose de plus profond ? Pourtant, si elle était ici, c'est qu'elle était probablement en repos.
Le bar continuait de vibrer autour d’elles. La musique trop forte couvrait les conversations, mais les rires éclataient par intermittence, créant des vagues sonores irrégulières. L’air était chaud, chargé d’odeurs de bière, de bois humide et de parfums mélangés. Ce genre d’endroit où l’on pouvait disparaître facilement.
Anthéa n’avait pas prévu de s’arrêter longtemps. Le bar n’était qu’un point de passage, un endroit choisi dans l’urgence pour ne pas perdre la trace d’une silhouette qui s’était faufilée entre deux rues du Mile-End comme si elle connaissait parfaitement le quartier. Elle s’était retrouvée là avec son collègue quelques minutes plus tôt, essoufflée, les épaules encore tendues par la poursuite. La musique trop forte et les conversations superposées rendaient l’atmosphère presque étouffante, mais c’était justement ce qui en faisait un refuge idéal pour quelqu’un qui ne voulait pas être remarqué.
Elle avait quitté son collègue à l’extérieur, près de l’angle de la rue. Il surveillait les issues secondaires pendant qu’elle entrait seule pour essayer d'apercevoir ce que sa cible pouvait bien faire dans ce bar.
Elle laissa son regard dériver à nouveau, discrètement. Une porte près du comptoir. Une autre vers l’arrière, à moitié cachée par une étagère. Un groupe trop compact dans le coin gauche. Elle mémorisa les détails sans y réfléchir.
Puis la brune revint à Catherine.
- Vous êtes ici depuis longtemps ?
La question était simple, presque anodine. Sa voix n’avait pas changé, toujours calme, presque neutre.
Elle ne posa pas d’autres questions. Elle n’avait jamais aimé les interrogatoires directs, surtout lorsqu’ils n’étaient pas nécessaires. Elle observait plutôt les réactions. Les hésitations. Les regards fuyants. Plus utiles.
- Pardon, vous n'êtes peut-être pas toute seule ? | |
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Professeure
Adulte
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Titre : Re : A glass of water. Please
Créé :
15/04/2026 à 22:43:53 - Modifié : 16/04/2026 à 04:01:39
En voyant le visage sans expression d'Anthéa, Catherine ferma le livre qu'elle ne lisait pas. Elle en était incapable. Juste parce qu'elle était désintéressée. Ce livre n'était qu'une façade. Même si elle était bel et bien dans ce bar par simple commodité. Il était tout près de l'endroit où elle logeait. Il y émanait une ambiance peu commune pour la professeure. Puis la nourriture et l'alcool étaient consommables. C'était tout ce qu'elle voulait. D'un autre côté, elle avait aussi envie de passer inaperçue. De ne croiser aucune personne qu'elle aurait pu avoir rencontrée lors de l'un de ses nombreux voyages. Ou échapper à de simples connaissances lointaines de sa jeunesse. Car tout le monde le savait, la province de Québec était petite, malgré les apparences.
La Spinnet ne manqua pas de remarquer le petit essoufflement chez son ancienne élève. Le regard fuyant qui se posait une fois sur deux, sur une sortie. La Spinnet ne connaissait pas les occupations de la Anderston depuis l'obtention de ses ASPIC. Cela ne l'avait pas tellement intéressée non plus. C'était son élève. Pourquoi s'intéresser à ses occupations extérieures ? Elle avait assez de sa famille pour cela.
La distance entre les deux femmes restait la même. Aucune des deux ne semblait vouloir faire un pas vers l'autre. La Québécoise était toujours assise et espérait voir la Anderston quitter. La laisser dans cet endroit trop bruyant, comme de simples connaissances lointaines, mais quelque chose clochait. C'était comme si cette dernière n'osait pas poursuivre sa route. Comme si quelque chose la retenait. Puis, quelque part, la Spinnet ne désirait pas vraiment voir la jeune femme quitter le bar. Car oui. Cette ancienne élève était maintenant adulte.
CATHERINE : À voir votre réaction, c'est ce que j'en ai déduit... dit-elle en esquissant un léger sourire. Je ne pensais pas vous croiser au milieu de ce quartier montréalais non plus. Le monde est... petit.
Une main posée sur son livre, la professeure commençait à triturer le signet qui quelque part, ne lui servait pas à grand-chose. Elle n'avait rien retenu de ce livre aussi ennuyant qu'un veracrasse. La distance était toujours la même entre les deux femmes et pourtant, une sorte de tension inconnue semblait se créer. Intriguée, Catherine se leva, termina son verre d'un trait et attrapa son livre. Pendant qu'elle rassemblait ses affaires, elle répondit tout bêtement aux questions de l'ancienne Gryffondor.
CATHERINE : Depuis quelques minutes seulement... dit-elle en s'approchant de la Anderston pour se diriger vers la sortie. Elle s'arrêta à la hauteur de la jeune femme, toujours en lui faisant face. J'étais seule, pour votre gouverne. Et appelez-moi Catherine. Vous n'êtes plus mon élève, Miss Anderston. Et... je crois que la personne que vous cherchez est sortie par la porte derrière.
Était-ce une fausse information ou la pure vérité ? Sans plus, en enfilant élégamment son petit trench-coat noir, la professeure quitta l'établissement avec un léger sourire. Ne sachant pas ce qui pourrait bien arriver. Était-ce une simple coïncidence ou Anthéa était là pour elle ? La Spinnet ne savait pas quoi penser. Car ce ne serait pas la première fois que quelqu'un, une connaissance, soit à sa poursuite. Pour des bonnes ou de mauvaises raisons.
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Détective Magique
Adulte
PNJ |
Titre : Re : A glass of water. Please
Créé :
27/04/2026 à 00:21:34
Anthéa n’avait pas cillé lorsque Catherine s’était levée. Pas un mouvement de recul, pas même une variation dans son regard, comme si elle s'y attendait. Pourtant, chaque détail avait été enregistré. La manière dont elle avait fermé son livre - trop vite pour quelqu’un réellement plongé dans sa lecture. La façon dont ses doigts avaient joué avec le signet, comme pour combler une impatience silencieuse. Et surtout, cette décision soudaine de partir.
Lorsqu’elle passa à sa hauteur, Anthéa sentit le léger déplacement d’air, l’odeur discrète du tissu humide du trench-coat mêlée à quelque chose de plus subtil, presque familier. Elle resta immobile, attentive, sans chercher à retenir la professeure. Elle ne répondit pas non plus à l’idée implicite de la suivre ou de la laisser partir. Elle se contenta d’enregistrer.
Le silence de Catherine après ses mots n’était pas anodin. La précision avec laquelle elle évoquait la sortie arrière, la mention de solitude, la correction du prénom — tout cela formait un ensemble cohérent, mais pas forcément innocent. Anthéa n’aimait pas les ensembles trop cohérents.
Quand Catherine s’éloigna vers la sortie, Anthéa resta encore quelques secondes immobile, son regard suivant la trajectoire sans la fixer frontalement. Elle ne la perdait pas vraiment de vue. Elle la laissait partir. La jeune adulte resta un instant à analyser la situation. Sa cible l'avait peut-être (sans doute ?) repérée, si Catherine avait pu le faire sans même prêter vraiment attention aux détails. Mais elle n'était pas sans ressources, et elle faisait assez confiance à son partenaire pour prendre la situation en main et l'appeler au besoin s'il était effectivement parti par la sortie arrière.
Les informations qu’on lui donnait sans qu’elle les demande avaient tendance à être soit des erreurs, soit des pièges. Elle avait appris très tôt à ne pas choisir trop vite. Le bruit du bar reprit sa place autour d’elle, tandis qu'elle surveilla qu'il n'était pas dans la salle principale en train de se fondre dans un groupe. Quelques secondes lui servirent à confirmer que ce n'était pas le cas.
Son attention revint malgré elle à la table. Le livre était resté ouvert un instant avant le départ de Catherine. Puis refermé dans le mouvement. Et pourtant, quelque chose manquait dans la configuration qu’elle avait mémorisée. Un élément discret, presque insignifiant.
Elle s’approcha lentement.
Le signet. Il n’était plus là où il devait être quand Catherine avait rangé ses affaires.
Ses yeux descendirent immédiatement vers le sol, puis balayèrent la surface de la table avec précision. Le petit morceau de papier dépassait légèrement du bord, prêt à tomber au moindre souffle. Ses doigts effleurèrent le bord de la table, puis le signet. Elle ne le remit pas en place. Elle l’observa simplement une fraction de seconde de trop, comme si cela suffisait à confirmer quelque chose.
Son regard se leva ensuite vers la salle. La sortie principale que la Spinnet avait emprunté. Il glissa vers le fond. La porte arrière par laquelle sa cible avait sans doute déjà filée loin.
Anthéa inspira lentement. Sa main glissa vers sa poche intérieure, par réflexe, vérifiant la présence de ce dont elle avait besoin sans même y penser. Puis elle se détourna légèrement de la table. Elle n’avait pas besoin de se presser. Se presser signifiait se tromper.
La rue du Mile-End était vivante, mais fragmentée par les néons et les ombres des bâtiments. Les passants ne retenaient pas l’attention. Trop de variations, trop de bruit visuel. Facile pour disparaitre. Trop facile ? Catherine avait déjà pris de l’avance. Pas assez pour disparaître mais assez pour forcer une décision. Anthéa hésita moins d’une seconde de plus.
Elle empocha le signet, et tourna les talons pour sortir par la porte avant. LL’air extérieur était plus froid, plus clair, presque trop net après la chaleur saturée de l’intérieur. Elle resta juste assez longtemps sur le seuil pour laisser ses yeux s’adapter. Les lumières de la rue découpaient les silhouettes en fragments instables.
Elle ne cherchait pas Catherine de façon frontale. Pas encore. Elle observait plutôt les traces possibles. Les trajectoires naturelles. Les choix rapides.
À droite, le flux des passants était plus dense. À gauche, une rue plus étroite, moins éclairée.
Elle expira lentement, essayant de raisonner. Catherine n’était pas une cible. Sans doute pas de raisons de fuir une ancienne élève, sinon pour éviter une discussion inutile. Inutile donc, de trop penser. Elle serra le signet dans sa poche, et remonta le col de sa veste. Elle tourna à droite, bien décidée dans sa quête secondaire. Les gens tournaient souvent à droite quand ils étaient pressés, car ils étaient droitiers.
Elle ne courut pas - elle marcha comme si elle connaissait parfaitement la destination où elle allait. Ca ne coutait rien de vérifier, après tout. Elle se fit donc discrète, gardant soigneusement ses distances tout en restant en alerte sur son environnement pour la repérer.
Repartie pour une nouvelle filature alors. |
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